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Bekwadi
05. févr.
2015
Culture
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Tamagne Eric : « Je souhaite développer le cinéma camerounais »

Daniel NdiehEric_Tamagne_01-660x400

 

Son souhait absolu est de revenir au Cameroun pour apporter sa pierre à l’édification de sa culture et particulièrement son industrie cinématographique; Eric Tamagne nous confie ses projets…

Bonjour Eric, vous êtes un jeune camerounais, féru du cinéma. Pour commencer, nous vous permettons de nous en dire plus…Qui est vraiment Eric TAMAGNE ?

Eric TAMAGNE est un jeune cinéaste indépendant, entrepreneur, et directeur d’une maison de production basée au Cameroun.

Que dire de votre parcours ?

J’ai fait mes études primaires à l’école du centre de Yaoundé puis mes études secondaires au lycée Bilingue d’Essos. Et après l’obtention d’un Baccalauréat scientifique, j’ai eu la chance de poursuivre mes études supérieures à Temple University aux États-Unis où j’ai obtenu un diplôme en commerce.

Alors dites-nous, où commence cet amour pour le 7ème art, et comment ?

J’ai toujours été fasciné par le cinéma depuis la classe de 3ème. Cette année-là, de retour de ses vacances de France, ma mère m’a ramené une caméra avec laquelle j’ai commencé à faire des vidéos amateurs et des mises en scène avec des copains du quartier. A ce moment-là, je me suis intéressé à l’aspect technique de la chose, tellement je trouvais impressionnant le travail de qualité qu’on pouvait voir dans les films du grand écran. Quelques années plus tard, à mon arrivée aux Etats-Unis, j’ai fait une rencontre déterminante. Celle d’un jeune Camerounais, devenu un ami proche, qui faisait une formation en audiovisuel. Partageant tous les deux cette passion pour le cinéma, il m’a permis de l’accompagner dans ses projets d’école. Je l’ai donc assisté dans le processus de production, et accompagné sur les tournages. Cela a été une très belle expérience qui m’a d’ailleurs fortement conforté à suivre de multiples formations en réalisation. Et à l’issue de ces formations, riche de mes expériences, je me suis lancé pleinement dans l’aventure cinématographique.

Dans quel contexte quittiez-vous le Cameroun et pourquoi les Etats-Unis ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai quitté le Cameroun en 2002 après l’obtention de mon Baccalauréat et je me suis rendu aux USA pour y suivre mes études supérieures. Mais actuellement je passe la majeure partie de mon temps au Cameroun. Il faut savoir que la maison de production que je dirige, TGEE Productions, était en projet depuis 2008. Elle a finalement vu le jour en 2012. Depuis lors mon temps et mon énergie y sont pleinement consacrés.

Parlons à présent de votre passion et profession ; à force d’expériences et de votre amour inconditionnel voué à ce métier, vous avez fini par mettre en place vos propres projets, dont TGEE comme vous le souligniez tantôt ; mais dites-nous en plus …

En 2012, avec un partenaire, nous avons créé TGEE Productions qui est une entreprise spécialisée dans la création, la production et la distribution d’œuvres audiovisuelles notamment des œuvres cinématographiques, des documentaires et de la photographie. Nous avons également une clientèle qui nous sollicite pour réaliser des publicités, des films d’entreprise, et des vidéos événementielles. Nous mettons aussi à la disposition des acteurs du milieu audiovisuel des équipements de dernière génération à travers notre service de location. Nous avons de multiples projets cinématographiques en cours. Notre dernier, NGA-TA, est un court métrage dont le scénario met en perspective les conditions de vie de jeunes filles dans les réseaux de prostitution.

Comment appréciez-vous un retour définitif dans votre pays ?

Mon retour au pays est imminent. Si vous voulez je voulais d’abord m’assurer que mon projet prenne forme, et maintenant que c’est fait mon cœur et mon esprit sont entièrement au Cameroun. Je souhaite vraiment apporter ma pierre à l’édifice du développement de la culture camerounaise.

Certainement, vous avez gardé un œil sur le cinéma camerounais ; comment le jugez-vous de nos jours, et quelle est la part du jeune cinéaste que vous êtes dans la construction de ce grand édifice ?

Ce que j’apprécie le plus sur le cinéma camerounais actuel, c’est son côté vivant et très proche des réalités. Tout le monde s’identifie aux personnages et aux histoires. Quand il s’agit de comédie, on ne peut s’empêcher de rire ; et quand il s’agit de drame, on ne peut s’empêcher d’être ému. Je pense que la qualité du contenu est excellente, mais il manque encore à la qualité audiovisuelle, surtout que le but c’est aussi de promouvoir notre culture à l’international à travers cet art. C’est à partir de ce constat que nous avons au niveau de TGEE, fait un investissement remarquable en équipements de production pour apporter ce plus au cinéma Camerounais. Car notre souhait c’est aussi de pouvoir travailler avec les réalisateurs et réalisatrices du milieu à travers des partenariats.

Le Cameroun s’apprête à célébrer sa 49ème fête nationale de la Jeunesse ; certainement vous auriez une petite pensée dans ce cadre…

Tout d’abord j’en profite pour saluer le dynamisme de la jeunesse camerounaise malgré les difficultés qu’elle rencontre face au chômage. Je constate que depuis la démocratisation des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la Communication) les jeunes sont de plus en plus ouverts au monde et à la créativité. Beaucoup se sont lancés dans entrepreneuriat, ce malgré les problèmes d’accès au crédit bancaire. Je vois donc une jeunesse qui a décidé de prendre en main son avenir, une jeunesse qui se bat et qui souhaite que notre pays avance. Je ne peux que les encourager dans cette voie.

Comment entrer en contact avec vous ?

Vous pouvez nous écrire à l’adresse contact@tgeeproductions.com . N’hésitez pas à visiter régulièrement notre site internet www.tgeeproductions.com et notre page www.facebook.com/tgeeproductions

Eric TAMAGNE, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions, et bon vent dans la suite de votre carrière…

Merci à vous pour ce moment.

 

 

Interview réalisée par Dariche Nehdi (Daniel Ndieh) pour culturebene.com

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09. janv.
2015
Kongossa
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Voeux à PAUL BIYA, Meva’a M’Eboutou tombe en catastrophe

Daniel NdiehIMG-20150108-WA0072

Ce Jeudi 8 Janvier 2015 après midi, lors de la cérémonie de présentation solennelle des vœux du nouvel An 2015 des corps constitués au Chef de l’Etat S.E. Paul Biya, le S.G. du Sénat, Michel Meva’a M’Eboutou fait une chute spectaculaire après avoir serré la main du Président de la République…

 

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09. janv.
2015
Société
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Le torticolis veut ma mort à Yaoundé

Daniel NdiehCrédit photo: Dariche Nehdi

Non, là c’est trop ! Comme les taxis de Yaoundé nuisent à ma santé, mieux je me déplace à pied.

Le torticolis est une contracture musculaire douloureuse du cou. Il affecte principalement le muscle « sterno-cléido-mastoïdien », (le gros muscle du cou). Hum ! J’étais obligé de faire des recherches là-dessus car je n’en pouvais plus de ces douleurs au cou, que je ressens depuis bientôt deux ans. Vous me direz que c’est de ma faute, car par souci d’économie, j’ai pris l’habitude de « bacher » (surcharger au siège avant) au lieu d’occuper normalement les sièges arrière, qui elles, ne souffrent d’aucune surcharge. Moi je rejetterais la faute sur les fameux éléments de la prévention routière. Oui, pourquoi ne font-ils pas leur boulot ? Et la police alors ? En tout cas, ce n’est pas ça qui soulagera ma douleur de si tôt. Non seulement nous surchargeons, mais c’est sur des sièges rafistolés soit avec « la ceinture de sécurité », soit avec du tissu. Waaaaah, le pays ci !

J’ai donc voulu m’intéresser à mon mal ; alors j’ai appris qu’il existe plusieurs formes de torticolis, dont la plus commune est le torticolis musculaire. Il m’a été révélé que les origines de ce mal peuvent être congénitales, infectieuses, traumatiques, orthopédiques, malformatives ou neurologiques. Que Dieu m’en préserve ; moi j’ai juste eu besoin d’emprunter deux-trois taxis, et me voilà « torticolisé », excusez le mot hein, je n’ai pas trouvé mieux.

En attendant de guérir de mon mal en me faisant masser de temps en temps, j’irai à pied au boulot.

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09. janv.
2015
Société
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Les portières des taxis au Cameroun donnent la chair de poule

Daniel NdiehCrédit Photo: Dariche Nehdi

Il faut emprunter un taxi au Cameroun pour comprendre qu’on flirte avec la mort au quotidien. Peux importe le danger qui surviendra, impossible de vous échapper, parce que bloqués à l’intérieur.

Les taxis dans mon pays sont devenus des grosses boîtes à torture ;  pas de système de verrouillage intérieur, ni vide-poches, le dispositif d’ouverture de la vitre (manivelle) est quasi inexistant, pareil pour celui de la portière (il faut à chaque fois ouvrir de l’extérieur). Les sièges, déchiquetés ; il n’est plus surprenant de voir apparaître des petits cafards qui confondent l’odeur de votre parfum à celle de la nourriture. Le chauffeur quant à lui se charge de plus polluer l’atmosphère en déblatérant injures et conneries dont on ne maîtrise la provenance.

En toute honnêteté, être taximan ne fait pas rêver ; de nos jours au Cameroun, c’est un métier en proie au stress permanent et au risque d’agression. Ces mecs bravent tellement de problèmes qu’ils méritent des fois d’être compris. Sauf que ces derniers ne font rien non plus pour améliorer le confort de leurs clients qui pourtant garantissent leur gagne-pain. Même sa (le taximan) propre sécurité est très menacée ; le tableau de bord ne sert plus que de décor. Il devient récurrent de « constater » la panne sèche, car le compteur indicatif ne fonctionne plus. Pareil pour la surchauffe (c’est la fumée sous le capot qui signale le manque d’eau). Le badge professionnel, curieusement à 90 % des cas, est vieux et illisible. Entre violation du code de la route et insultes répétées à l’endroit des autres collègues, les taximen se sentent plus à l’aise dans l’anarchie et l’irrespect.

Pauvres de nous, clients, qui sommes obligés de subir tout cet enfer 7j/7.

Vivement que j’aie « ma » voiture…

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Article : Les femmes à Yaoundé offrent leur intimité en plein air
Société
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9 janvier 2015

Les femmes à Yaoundé offrent leur intimité en plein air

Daniel Ndieh

Pour des raisons diverses, les femmes ont décidé d’exposer leurs parties intimes à qui veut voir le spectacle.

C’est devenu le SASSAYE ! Les sexes féminins sont exposés cadeau dans les rues de la capitale. On a connu ce phénomène un peu partout dans le pays à une certaine époque, mais il reprend des plus belles à Yaoundé, siège des institutions, au regard de tous. Spectacle hallucinant, où déviance et bestialité nourrissent l’atmosphère. Certains, en l’espace de quelques minutes, assouvissent leurs fantasmes en tant que spectateurs d’un tel théâtre, d’autres par contre s’en offusquent, criant au scandale et à l’apocalypse. Et la scène vécue ce jeudi matin (08 janvier 2015) au quartier Warda confortera plus d’un dans l’hypothèse d’une probable fin du monde telle qu’annoncée dans la Bible.

Le soleil était au zénith, mais malgré la forte chaleur qui se dégageait du bitume, une jeune femme, très jolie, l’air pourtant normal, se lance dans une réplique qui n’a pas manqué d’attirer les regards indiscrets. Elle se débarrassera en une fraction de seconde de ses vêtements, et entamera une balade de santé au niveau du Palais Polyvalent des sports. Cette dernière ne se contentera plus de marcher, elle va s’allonger sur le bitume chaud, se trémoussant et se caressant les parties intimes. Quel spectacle ! Très vite, les voyeurs de circonstance vont dégainer leurs téléphones portables en vue d’immortaliser l’instant.

Pour essayer de comprendre la situation, beaucoup avanceront l’hypothèse d’une vie facile, l’espoir d’une richesse immédiate, dans un contexte de conjoncture qui ne cesse de croitre. Oui, à tort ou à raison, certains ont décidé de tourner le dos à l’effort, quitte à s’inviter à la table du diable.

« Le monde est formidable, vivons seulement », disait quelqu’un…

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13. nov.
2014
Culture
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Non, donnes-moi le gros noyau-ci…

Daniel Ndieh

crédit photo : Daniel Ndieh
La grosse boîte isotherme contenant les noyaux

Le phénomène fait rage dans les artères de la capitale Yaoundé ; des boulettes « façon-façon » comme les appelle mon ami Abanda Brice, y défraient la chroniques depuis plusieurs mois déjà. Ces dernières portent désormais une appellation, et pas des moindres : Les NOYAUX ! Oui, vous avez bien compris. La clientèle en raffole, et parmi elle, les femmes surtout ; oui, ces dernières, sans trop comprendre pourquoi, se livrent par un nombre incalculable, à cet exercice de consommation de NOYAUX. La boule… Euh, que dis-je ? La boulette, coûte tout juste 100 francs CFA (0,15 EUR). 100 francs CFA pour une recette à priori très simple : après avoir haché de la viande qui curieusement n’est pas que du bœuf (très souvent ils la mélangent à de la viande de chien ou la font avec des restes issus de boucheries, ou ramassés hasardement dans des marchés à l’abri des regards), on y ajoute de l’ail, des oignons et quelques herbes (plus pour le parfum que pour la saveur) très finement pelés. S’en suit le mélange dans un récipient (que l’on espère pour les clients, propre), une poignée de sel (selon la quantité), une légère quantité de cube Maggi (excusez la publicité hein, je relate tel que j’ai vu…), vient alors l’étape que je redoutais le plus : la formation des boules … Euh, ce mot me fait toujours sursauter ; je voulais dire le prélèvement (en quantité impressionnante) de farce pour former des boulettes au creux des « mains » que personnellement je n’ai pas vu lavées… Janvier et Norbert, qui s’attèlent à la tâche, se contentent juste de m’exposer leurs canines, non sans me rappeler : « Le grand journaliste, on sort à la télé quand non ? Ne filme pas mes pieds hein ». Tétanisé, le seul souvenir qui me hante à cet instant, c’est celui des soirées dans les bars de la capitale ; Oh ! Je dégommais les NOYAUX avec « beaucoup de piment à l’appui », pour reprendre la chanson du feu artiste CIRAGE. Une énorme poêle creuse et noircie par le temps, sert de friteuse. Quelques minutes plus tard, les NOYAUX sont prêts et bien chargés dans une énorme boîte repas isotherme afin qu’ils soient maintenus au chaud. Je décide d’accompagner Messi (surnom du vendeur, visiblement très fan de l’attaquant barcelonais), histoire de voir comment ce dernier aguiche sa clientèle. Voilà lancé le cri de guerre, sous un ton ironique, la voix ridiculement aigue : « NOYAUX, NOYAUX, NOYAUX… Les NOYAUX chauds chauds là, Très très chauds les NOYAUX ». Je me retiens de rire, et voilà qu’on se fait appeler par un trio de filles de l’autre côté de la route : « Mon frère ouvres un peu, on voit si tes noyaux-là sont mêmes gros ». Messi réplique immédiatement : « Grand-sœur tu ne me remarque pas ? C’est toi qui avais payé les noyaux de 600 l’autre jour non ? Moi je te remarque bien même ». « Non, toi-même choisis ce qui est bien gros tu me donnes », enchaine-t-elle. Messi ce soir avait alors deux catégories de noyaux : Ceux de 100 francs et ceux de 200 francs. La deuxième fille, sceptique, avoue ne pas apprécier cette création culinaire à la camerounais : « On fait même ça avec quoi ? Moi j’ai peur des trucs comme ça » peste-t-elle ; mais elle finie par en prendre un, après s’être laissée convaincre par la troisième. Verdict : « Hummm ! Ton piment-là est bien fait hein ! Mais vous avez trop mis le sel dans vos noyaux-là ». Dans mon coin, je continue ma lourde mission d’observateur… La première revie€nt au galop : « Hum ! Petit si tu ne m’arrêtes pas je risque finir tes noyaux hein… » A Messi de rassurer : « Grand-sœur tu peux même finir hein, je pars seulement chercher les autres ; il n’est que 19 heures ». Après tout juste deux heures de marches, l’énorme boite isotherme de Messi ne compte plus qu’une dizaine de boulettes. Très satisfait, il me propose d’en prendre un. Vous vous demandez certainement si j’ai accepté…

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30. oct.
2014
Culture
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Un taxi bousille le pied du moto-taximan, Adamou, et prend la fuite

Daniel Ndieh

Crédit Photo: Daniel Ndieh
L’accidenté Adamou, transporté par des âmes de bonne volonté

Adamou, le moto-taximan, se souviendra de cette journée pendantlongtemps. Il aurait pu perdre sa vie, mais il s’en est sorti avec le pied droit bousillé, et le comble est que le taximan qui l’a mis dans cet état a pris la fuite.

Mercredi 29 octobre 2014  à Yaoundé, capitale du Cameroun, plus précisément au quartier Bastos, non loin du carrefour ; Adamou, moto-taximan, vient de se faire renverser par un taximan visiblement pressé. Il est alors 15h22 à ma montre et le soleil insolent me manquait de respect tranquillement… Je suis inconfortablement assis à l’arrière du taxi que j’ai emprunté au Rond-point Nlongkak pour me rendre au Goethe Institut où je devais assister à une conférence de presse sur la professionnalisation du Cinéma camerounais. Je transpire à grosses gouttes et n’y a pas moyen de baisser la vitre –condamnée parce que son remontoir n’est plus à sa place depuis des lustres-, alors je supporte ma souffrance ; une souffrance qui force mon silence, pourtant à côté d’une beauté renversante qui avait stoppé emprunté le véhicule quelques minutes avant moi, pour se rendre chez JC (une rôtisserie très courue dans le coin). Le stratège que je suis ne peut s’avouer vaincu si facilement ; le temps pour moi d’aligner quelques phrases et BAAAN ! De l’autre côté de la route, un accident ! Très vite la circulation s’arrête et l’embouteillage prend forme. Je n’ai pas pu m’empêcher de descendre de mon taxi, m’enquérir de la situation. Sur le bitume, Amadou allongé, se tordant de douleur. Juste à côté de lui, sa moto, renversée, la roue avant continuant de tourner. Ce dernier roulait tranquillement, et selon son témoignage, le chauffeur de taxi (certainement pressé, comme la plupart dans nos villes) et voyant la policière (qui dirigeait, non loin, la circulation), ne voulait plus attendre son tour, alors il a démarré à vive allure et ne s’est soucié d’Adamou qui roulait trop lentement à son goût.

Crédit photo: Daniel Ndieh
Crédit photo: Daniel Ndieh

Le malheureux Adamou s’en sort avec une fracture grave du bras gauche, l’arrière du crâne touché, les phalanges et deux métatarsiens cassés et retrouvés hors de la peau qui les protégeait, et une douleur affreuse au niveau des côtes. Des âmes de bonne volonté sortiront de leurs véhicules afin d’immobiliser tout d’abord l’accidenté sur le trottoir, avant de le conduire au Centre de santé le plus proche. Et le fameux taximan alors? Tout simplement volatilisé dans la nature.

Oookooo ! Cameroun !

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27. oct.
2014
Culture
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Mouf ! Ta mère ! Ta grand-mère !

Crédit Photo: Daniel Ndieh
Le moto-taximan gare devant le chauffeur pour lui demander des comptes

Il faut être respectueux et poli, savoir dédramatiser quand on est face à une situation quelque peu gênante ; des comme ça, je pourrais vous en citer tellement, autant je me rappelle de mes classes de cours élémentaires et mes leçons de civisme. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer, pour qu’on n’en arrive à des échanges verbaux indécents sur la voie publique ? La société camerounaise a-t-elle perdu tout sens de l’éthique ? Croyez-moi, ils sont nombreux aujourd’hui qui le pensent vraiment, puisque quotidiennement confrontés à des problèmes moraux ou éthiques.

Je venais de boucler une interview avec un jeune artiste de la place et il me tardait de rentrer chez moi car la météo, devenue très incertaine, changeait déjà d’humeur… J’ai donc emprunté le premier taxi qui a klaxonné (au Cameroun, les taxis font « un » klaxon quand la destination les arrange ; au cas contraire, ils démarrent à la vitesse de la lumière) devant moi. A peine j’avais « bâché » (terme camerounais employé lorsque vous êtes en surcharge sur le siège avant, côté passager) mon prédécesseur qu’un bruit retenti. En fait le chauffeur, très occupé à prêter son oreille droite aux différentes destinations que pestaient les clients, avait oublié de jeter un coup d’œil rapide sur son rétroviseur pour apprécier la venue derrière-lui d’un éventuel véhicule. Yôrôbô (c’est ainsi que l’appelaient les habitants du coin), le moto-taxi qui passait par là, venait alors de se faire culbuter par notre chauffeur. Ce dernier a eu la mauvaise idée de poursuivre sa course, non sans laisser au passage quelques mots clé : « Je demande hein, on t’a vendu ? Vois-moi un chien comme ça ! Les motoman (expression camerounaise pour désigner un conducteur de moteur) ci sont même comment ? C’était cependant sans compter sur la détermination de Yôrôbô, très remonté.

Le moto-taxi va finir par nous rattraper au Carrefour Régis, et profitera de l’inattention du chauffeur, concentré à ramasser ses clients, pour garer net devant notre véhicule. On a bien cru pour notre transporteur que le temps s’était arrêté. S’engage alors un dialogue des plus impudiques :

– Yôrôbô : Te voici non ? Parles encore le c¨¨¨ de ta mère je vois…

-Taximan : C’est quoi non mon frère ? Il y a quoi ?

– Yôrpobô : Mouf ! Ta mère ! Ta grand-mère ! Villageois comme ça.

– Taximan : Oui je suis villageois ; n’est-ce pas que tu es toi né en ville. Bandit ; b¨¨seur de chèvres.

-Yôrôbô : Tu dis ça à qui ? Sors d’abord ici voir ; pédé !

Bloqués sur place, nous ne pouvions calmer les deux pugilistes verbaux. Les échanges de propos étaient d’une violence qu’on n’y pouvait presque rien. Plus tard, c’est une meute de moto-taximen qui se pointe (ces derniers sont réputés très solidaires) et exigent résoudre le problème à sa manière… N’eut été l’intervention des passants (dont on admirera le courage), la situation aurait prise une tournure regrettable.

Visiblement, cela n’a suffit à calmer notre chauffeur qui estimait avoir raison sur toute la ligne : « Voyez-moi un chien comme ça ; il fallait qu’on nous laisse. J’allais lui éclater sa bouche qui est comme le vagin d’une bordel (en camerounais, une prostituée) ».

Ainsi est dépeint notre société, avec comme addition la mauvaise humeur permanente de la population, surtout celle de la capitale politique.

Il est difficile d’accepter les insultes, les injures et l’indélicatesse certes, mais les réactions instantanées (très souvent négatives) seraient-elles la solution ?

Méditons…

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21. oct.
2014
Agenda
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Hobscur, en live acoustique à l’Ifc de Douala le 1er novembre 2014

Affiche spectacle de l'artiste Hobscur à l'Ifc de Douala
Affiche spectacle de l’artiste Hobscur à l’Ifc de Douala

Appelez-le Mrs Dino, Le Petit soldat légendaire ou encore Hobscur, qu’importe ; l’essentiel est qu’il ait mûri son style et affûté sa plume. Il est néanmoins resté très engagé dans ses orientations (dans le bon sens en tout cas). Il lance alors un appel Urgent contre les maux et les stigmatisations dont sont victimes les personnes issues des quartiers défavorisés. Rendez-vous le 1er Novembre prochain à l’Institut français du Cameroun de Douala.

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Les histoires de mon bled

Auteur·e

L'auteur: Daniel Ndieh
Journaliste camerounais. Officie actuellement comme Rédacteur en chef de www.culturebene.com, CEO de DN Entertainment.

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