Autoroute Yaoundé-Douala Section 1: Les travaux EVOLUENT

 

C’est le projet le plus ambitieux en termes d’infrastructures routières dans le pays, une véritable révolution dans le transport interurbain, d’où l’intérêt et l’attention portées en lui, cédant parfois place aux débats passionnés et déductions très souvent montées de toutes pièces. Rendus in situ, nous avons pu toucher du doigt certaines réalités, et nous assurer de l’état d’avancement des travaux, maladroitement annoncés comme arrêtés par une certaine presse…

C’est un jour comme les autres dans la capitale politique, et le soleil nous envoie ses plus beaux rayons ; après un bref échange avec la responsable de la Cellule de Communication du Ministère des Travaux Publics, Dr ESSE Corine, nous prenons la route de Minkoameyos par Nkolbisson. Près d’une vingtaine de minutes plus tard, nous amorçons l’Autoroute Yaoundé-Douala à son Pk 00. Sur place, l’équipe en charge des travaux renseigne la délégation déplacée du MINTP et avec à sa tête M. Abouna Zoa Guy Daniel, Directeur Général des Travaux d’Infrastructures (DGTI), sur les détails les plus récents.

RAOUF BEN ROMDHANE (Chef de Mission de l’Autoroute) répondant aux questions des journalistes

A ses côtés, RAOUF BEN ROMDHANE, Chef de Mission de l’Autoroute, qui d’ailleurs nous brossera au passage la situation, bottant en touche toutes les allégations de la presse sur le prétendu arrêt des travaux : « Les travaux n’ont jamais été stoppés ; ils étaient juste au ralenti à cause des pluies notamment ceux des remblais et déblais rocheux qui se font même sous la pluie, étant donné que les déblais et remblais meubles ne pouvaient se faire », a-t-il confié, avant d’ajouter que : « S’il faille se prononcer sur le taux d’avancement, les travaux de terrassement sont rendus à 75% ; il y a 7,500 km de couche de base appliquée, 8 kilomètres de couche de fondation, la couche de roulement n’a quant à elle pas encore commencé. Ce qui revient à dire que l’avancement des travaux du Pk 00 à Pk 40 est estimé à 40% ce 02 juin 2017 ». En effet, l’entreprise China First Highway Ingineering (CFHI), en charge de la conception et de la construction de la phase 1 de l’autoroute susmentionnée avait dû mettre pause aux travaux de terrassement à cause des averses (la saison de pluie étant engagée), mais également était en attente de payement de EXIMBANK Chine (qui finance la grande partie du projet) d’où le quiproquo…  Par ailleurs, l’Entreprise a dû mettre quelques ouvriers de l’atelier de terrassements en chômage technique au vu de la période d’inactivité. Notre source au MINTP nous a confirmé que : « Le projet évoluant, il a semblé pertinent pour le Cameroun d’opter pour la construction d’une autoroute de 2x 2 voies, extensible à 3, avec une réserve de l’emprise à l’intérieur, de manière à préserver les emprises et de permettre le passage à 3 voies lorsque les financements seraient disponibles. Décision qui a permis de changer la configuration du projet et de passer d’un contrat commercial pour autoroute de 2x 2 à un contrat forfaitaire pour la construction d’une autoroute de 2x 2, extensible 3. Aussitôt, le partenaire financier a été saisi et après études, a réintégré son engagement à financer le projet mais, a toutefois sollicité l’Etat du Cameroun pour ce qui est de la prise en charge des coûts additionnels induits par le changement du contrat. La dernière correspondance d’Eximbank remonte au 21 avril. Le ministère en charge de l’Economie a par ailleurs répondu à cette préoccupation par l’affirmative, à savoir que l’Etat du Cameroun prendra ces coûts en charge. Comment ? A travers une nouvelle formulation du projet qui consiste à passer du mode actuel de financement au mode Partenariat public-privé qui comporte plusieurs avantages et qui permet en quelque sorte un auto-financement de l’infrastructure ».

Autoroute Douala-Yaoundé de 2×2 voies, extensible à 3

Pour revenir auxdits paiements de l’entreprise, la CFHI nous a rassuré que tous les décomptes ont déjà été réglés par la Caisse Autonome d’Amortissement (partie camerounaise), et également du côté d’Eximbank qui, pour des questions liées aux procédures, ont pris un peu plus de temps. Mais revenons sur les travaux sur le terrain ; on a pu constater que ces derniers sont bel et bien en cours. Pour leur bon suivi, des réunions hebdomadaires sont organisées sur le site en présence de tous les acteurs. Plus loin, la construction des ouvrages d’art et des ouvrages hydrauliques évolue.

Les premiers appuis du Pont-dalle (pilles centrales)

OUESLATI SADOK, Ingénieur d’ouvrage d’art (il contrôle les plans, les approuve et il assure le suivi des travaux sur le site) nous rassure tout de suite : « Nous nous trouvons devant ce qui sera un pont-dalle ; les premiers appuis sont effectifs, il y a eu réception de ferraillage pour 7 piles centrales, avant de fermer le coffrage. Ledit ferraillage doit être conforme au plan. Il y a 8 passages notamment 4 supérieurs et 4 inférieurs. Ainsi en dessous de l’ouvrage des poids lourds pourront circuler facilement. En termes de dimension nous estimons la hauteur à minimum 5,40m et maximum 6,20m ».

 

M. Abouna Zoa Guy Daniel, Directeur Général des Travaux d’Infrastructures (DGTI)

 

Pour le reste, les chaussées sont composées de plusieurs couches. Une couche de fondation, une couche de base et une couche de revêtement.

Chaussée composée de trois couches (couche de fondation, couche de base, et couche de revêtement)