Echanges de gifles entre un moto-taxi et son client, au quartier Essos-Yaoundé

Daniel NdiehCrédit Photo : Dariche

La scène était digne d’une comédie à la Fingon Tralala et Tagne Kondom, sur Canal 2 International, mais ç’en n’était pas une ; alors qu’un moto-taximan s’apprêtait à déposer son client, tout virera au vinaigre…

J’avais décidé de fuir les taxis pour un moment, histoire de soigner mon torticolis, en même temps, j’esquivais les moto-taxis, puisque la majorité de ces mecs souffre d’un sérieux problème d’incivisme. Ils ne manquent jamais l’occasion d’user de propos orduriers et injurieux. Je pensais sincèrement être à l’abri de tous ces détails qui pourtant m’empoisonnent l’existence. Quelle n’a pas été ma déception cet après-midi du 4 février 2015 dans les rues d’Essos au lieu dit Hôtel du Plateau. Alors que je prenais le chemin du retour après une rude journée de travail ! Un moto-taxi venait visiblement de garer, très remonté parce que son client l’avait traité de « fou » et d’ « inintelligent ». Très vite, la scène ameute les passants, et la situation s’envenime en un temps record. Malgré l’intervention de certains, les deux boxeurs « d’un jour » maintiennent leur désir d’en finir une bonne fois pour toute. Les tensions se font alors vives, et les adjectifs fusent de toutes parts : « C’est pas parce que tu me vois sur une moto hein, tu as mon niveau scolaire ? Tu as fait l’école plus que qui ? Vous savez à qui vous faites ça, peste notre moto-taxi, avant de lancer : « Vois-moi un vendu ». Touché dans son amour propre et honteux devant l’assistance de plus en plus nombreuse, celui-ci profitera de la seconde d’inattention de son vis-à-vis pour lui administrer une gifle mémorable. Le temps que le moto-taxi reprenne ses esprits, le client lui servira un sérieux coup de pied aux fesses, avant de le prendre violemment par le col de son gilet : « Tu sais même pas à qui tu as affaire ? Parce que vous nous voyez grimper sur vos sales motos et humer vos sales odeurs, que vous vous permettez de nous dire du n’importe quoi ? », hurle le client. Deux autres motos-taxis, certainement interpellés par la situation et voulant porter secours à l’un des leurs, décident de s’arrêter net. Pris de panique, le client va finalement se calmer, et se livrera à des explications pas toujours cohérentes. Il en ressort qu’il aurait emprunté ladite moto au quartier Kondengui pour le carrefour Hôtel du Plateau, proposant le tarif normal qui est de « 250 frs ». Ce dernier arrive à destination, glissera trois pièces de 100 f cfa au moto-taximan qui par la suite démarrera son engin : « Non ! tu ne m’as pas remboursé ! », s’exclama-t-il. Toujours selon sa version des faits, le moto-taximan lui lancera au visage : « C’est pour 50 frs que tu veux tuer quelqu’un ? Je ne suis pas à cinquante francs près. D’ailleurs tu n’as pas proposé ».

Mais une nouvelle vague de tension va encore souffler : « Vois-moi un sale porc ! Tu t’amuses je t’éteins et pars avec ta moto hein ». La goutte d’eau de trop venait ainsi de déborder le vase. Le jeune moto-taxi va appliquer un bon coup de tête à son client, on fini, tant bien que mal à les séparer.

Hum ! vraimmeeeeeent !