Je ne suis pas content

Il m’arrive d’être triste, en colère, choqué même, tellement j’en bave, sur mon siège de spectateur de la vie, parfois impuissant face à certaines réalités qui finissent par me faire perdre patience. Que se passe-t-il ? Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Que d’interrogations qui saturent mon petit cerveau de Camerounais, avides de réponses claires, et pertinentes.Dariche

Il y a encore quelques jours, je lisais : « Au moins 700 disparus dans un naufrage au large de l’Italie »… un chalutier chargé de plusieurs centaines de migrants clandestins au large des côtes libyennes, une situation qui a conduit plusieurs ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères de l’Union européenne à se réunir en vue de trouver des mesures drastiques –parce que « efficaces » est un mot doux- pour barrer définitivement la voie à l’immigration clandestine. Que vont faire ces « migrants illégaux aux portes de l’Europe » ? Grand était mon étonnement, une fois d’avoir entendu les arguments de trois de mes amis. Le premier réclamait la légitimité de tels efforts et sacrifices (les Africains ayant le « droit » d’aller reprendre ce qui leur a été abusivement arraché comme richesses), le deuxième quant à lui évoquait la grande misère dans laquelle baigne la grande partie de la jeunesse africaine (en manque d’emploi et à la merci des maladies), et le troisième avançait l’hypothèse d’une sorte d’assujettissement face à ceux qui opèrent la révolution du savoir. Dans un élan de victimisation, tout serait mis en œuvre pour que l’on ne se rende pas compte qu’il ne s’agit que d’esclavage doux et voilé.

Un raisonnement qui se doit d’être pris au sérieux, surtout quand on observe le fonctionnement quasi systémique de nos Etats depuis l’avènement des indépendances. Sous la férule de leurs maîtres locaux dont l’enrichissement injustifié et la boulimie financière sont pratiquement un sport national,  et croupissant dans la misère, ils n’hésitent plus à se réfugier de plus en plus en Dieu, remplissant des églises dites de réveil. Désormais, il se construit plus d’églises, de chapelles et de temples, mais à côté également, autant de bars pour noyer les soucis, qu’il ne se construit d’écoles ou d’hôpitaux. Quand bien même ces écoles sont construites, leurs classes sont d’effectifs pléthoriques, tandis que les hôpitaux manquent offrent une triste réalité, manquant parfois jusqu’aux lits… Que dire des augmentations des prix des denrées, provoquées par ceux des hydrocarbures.  Ce faisant, nul besoin de se voir encore envahir par des négriers sur nos côtes puisque ce sont nos jeunes frères qui décident eux-mêmes de débarquer par milliers sur les côtes de Sicile ou d’ailleurs, croyant fuir la misère, mais malheureusement pour être condamnés dans un système où seuls les cerveaux musclés sortent la tête de l’eau (immigration choisie), le grammage et la texture étant préalablement définis…

Oui ça me choque ! Ça me pique ! C’est quoi le prochain épisode ? Non ne me dites rien ; je crois avoir la conclusion…