Tamagne Eric : « Je souhaite développer le cinéma camerounais »

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Son souhait absolu est de revenir au Cameroun pour apporter sa pierre à l’édification de sa culture et particulièrement son industrie cinématographique; Eric Tamagne nous confie ses projets…

Bonjour Eric, vous êtes un jeune camerounais, féru du cinéma. Pour commencer, nous vous permettons de nous en dire plus…Qui est vraiment Eric TAMAGNE ?

Eric TAMAGNE est un jeune cinéaste indépendant, entrepreneur, et directeur d’une maison de production basée au Cameroun.

Que dire de votre parcours ?

J’ai fait mes études primaires à l’école du centre de Yaoundé puis mes études secondaires au lycée Bilingue d’Essos. Et après l’obtention d’un Baccalauréat scientifique, j’ai eu la chance de poursuivre mes études supérieures à Temple University aux États-Unis où j’ai obtenu un diplôme en commerce.

Alors dites-nous, où commence cet amour pour le 7ème art, et comment ?

J’ai toujours été fasciné par le cinéma depuis la classe de 3ème. Cette année-là, de retour de ses vacances de France, ma mère m’a ramené une caméra avec laquelle j’ai commencé à faire des vidéos amateurs et des mises en scène avec des copains du quartier. A ce moment-là, je me suis intéressé à l’aspect technique de la chose, tellement je trouvais impressionnant le travail de qualité qu’on pouvait voir dans les films du grand écran. Quelques années plus tard, à mon arrivée aux Etats-Unis, j’ai fait une rencontre déterminante. Celle d’un jeune Camerounais, devenu un ami proche, qui faisait une formation en audiovisuel. Partageant tous les deux cette passion pour le cinéma, il m’a permis de l’accompagner dans ses projets d’école. Je l’ai donc assisté dans le processus de production, et accompagné sur les tournages. Cela a été une très belle expérience qui m’a d’ailleurs fortement conforté à suivre de multiples formations en réalisation. Et à l’issue de ces formations, riche de mes expériences, je me suis lancé pleinement dans l’aventure cinématographique.

Dans quel contexte quittiez-vous le Cameroun et pourquoi les Etats-Unis ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai quitté le Cameroun en 2002 après l’obtention de mon Baccalauréat et je me suis rendu aux USA pour y suivre mes études supérieures. Mais actuellement je passe la majeure partie de mon temps au Cameroun. Il faut savoir que la maison de production que je dirige, TGEE Productions, était en projet depuis 2008. Elle a finalement vu le jour en 2012. Depuis lors mon temps et mon énergie y sont pleinement consacrés.

Parlons à présent de votre passion et profession ; à force d’expériences et de votre amour inconditionnel voué à ce métier, vous avez fini par mettre en place vos propres projets, dont TGEE comme vous le souligniez tantôt ; mais dites-nous en plus …

En 2012, avec un partenaire, nous avons créé TGEE Productions qui est une entreprise spécialisée dans la création, la production et la distribution d’œuvres audiovisuelles notamment des œuvres cinématographiques, des documentaires et de la photographie. Nous avons également une clientèle qui nous sollicite pour réaliser des publicités, des films d’entreprise, et des vidéos événementielles. Nous mettons aussi à la disposition des acteurs du milieu audiovisuel des équipements de dernière génération à travers notre service de location. Nous avons de multiples projets cinématographiques en cours. Notre dernier, NGA-TA, est un court métrage dont le scénario met en perspective les conditions de vie de jeunes filles dans les réseaux de prostitution.

Comment appréciez-vous un retour définitif dans votre pays ?

Mon retour au pays est imminent. Si vous voulez je voulais d’abord m’assurer que mon projet prenne forme, et maintenant que c’est fait mon cœur et mon esprit sont entièrement au Cameroun. Je souhaite vraiment apporter ma pierre à l’édifice du développement de la culture camerounaise.

Certainement, vous avez gardé un œil sur le cinéma camerounais ; comment le jugez-vous de nos jours, et quelle est la part du jeune cinéaste que vous êtes dans la construction de ce grand édifice ?

Ce que j’apprécie le plus sur le cinéma camerounais actuel, c’est son côté vivant et très proche des réalités. Tout le monde s’identifie aux personnages et aux histoires. Quand il s’agit de comédie, on ne peut s’empêcher de rire ; et quand il s’agit de drame, on ne peut s’empêcher d’être ému. Je pense que la qualité du contenu est excellente, mais il manque encore à la qualité audiovisuelle, surtout que le but c’est aussi de promouvoir notre culture à l’international à travers cet art. C’est à partir de ce constat que nous avons au niveau de TGEE, fait un investissement remarquable en équipements de production pour apporter ce plus au cinéma Camerounais. Car notre souhait c’est aussi de pouvoir travailler avec les réalisateurs et réalisatrices du milieu à travers des partenariats.

Le Cameroun s’apprête à célébrer sa 49ème fête nationale de la Jeunesse ; certainement vous auriez une petite pensée dans ce cadre…

Tout d’abord j’en profite pour saluer le dynamisme de la jeunesse camerounaise malgré les difficultés qu’elle rencontre face au chômage. Je constate que depuis la démocratisation des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la Communication) les jeunes sont de plus en plus ouverts au monde et à la créativité. Beaucoup se sont lancés dans entrepreneuriat, ce malgré les problèmes d’accès au crédit bancaire. Je vois donc une jeunesse qui a décidé de prendre en main son avenir, une jeunesse qui se bat et qui souhaite que notre pays avance. Je ne peux que les encourager dans cette voie.

Comment entrer en contact avec vous ?

Vous pouvez nous écrire à l’adresse contact@tgeeproductions.com . N’hésitez pas à visiter régulièrement notre site internet www.tgeeproductions.com et notre page www.facebook.com/tgeeproductions

Eric TAMAGNE, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions, et bon vent dans la suite de votre carrière…

Merci à vous pour ce moment.

 

 

Interview réalisée par Dariche Nehdi (Daniel Ndieh) pour culturebene.com