Un taxi bousille le pied du moto-taximan, Adamou, et prend la fuite

Daniel Ndieh

Crédit Photo: Daniel Ndieh

L’accidenté Adamou, transporté par des âmes de bonne volonté

Adamou, le moto-taximan, se souviendra de cette journée pendantlongtemps. Il aurait pu perdre sa vie, mais il s’en est sorti avec le pied droit bousillé, et le comble est que le taximan qui l’a mis dans cet état a pris la fuite.

Mercredi 29 octobre 2014  à Yaoundé, capitale du Cameroun, plus précisément au quartier Bastos, non loin du carrefour ; Adamou, moto-taximan, vient de se faire renverser par un taximan visiblement pressé. Il est alors 15h22 à ma montre et le soleil insolent me manquait de respect tranquillement… Je suis inconfortablement assis à l’arrière du taxi que j’ai emprunté au Rond-point Nlongkak pour me rendre au Goethe Institut où je devais assister à une conférence de presse sur la professionnalisation du Cinéma camerounais. Je transpire à grosses gouttes et n’y a pas moyen de baisser la vitre –condamnée parce que son remontoir n’est plus à sa place depuis des lustres-, alors je supporte ma souffrance ; une souffrance qui force mon silence, pourtant à côté d’une beauté renversante qui avait stoppé emprunté le véhicule quelques minutes avant moi, pour se rendre chez JC (une rôtisserie très courue dans le coin). Le stratège que je suis ne peut s’avouer vaincu si facilement ; le temps pour moi d’aligner quelques phrases et BAAAN ! De l’autre côté de la route, un accident ! Très vite la circulation s’arrête et l’embouteillage prend forme. Je n’ai pas pu m’empêcher de descendre de mon taxi, m’enquérir de la situation. Sur le bitume, Amadou allongé, se tordant de douleur. Juste à côté de lui, sa moto, renversée, la roue avant continuant de tourner. Ce dernier roulait tranquillement, et selon son témoignage, le chauffeur de taxi (certainement pressé, comme la plupart dans nos villes) et voyant la policière (qui dirigeait, non loin, la circulation), ne voulait plus attendre son tour, alors il a démarré à vive allure et ne s’est soucié d’Adamou qui roulait trop lentement à son goût.

Crédit photo: Daniel Ndieh

Crédit photo: Daniel Ndieh

Le malheureux Adamou s’en sort avec une fracture grave du bras gauche, l’arrière du crâne touché, les phalanges et deux métatarsiens cassés et retrouvés hors de la peau qui les protégeait, et une douleur affreuse au niveau des côtes. Des âmes de bonne volonté sortiront de leurs véhicules afin d’immobiliser tout d’abord l’accidenté sur le trottoir, avant de le conduire au Centre de santé le plus proche. Et le fameux taximan alors? Tout simplement volatilisé dans la nature.

Oookooo ! Cameroun !